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Qu'est-ce que le militarisme ? Comment il a mené à la Première Guerre mondiale

octobre 30, 2026
Le militarisme est la conviction qu'un État doit placer son armée et sa marine au premier rang, et laisser les valeurs militaires façonner sa politique et sa société. Avant 1914, les grandes puissances se sont lancées dans la construction de flottes et d'armées toujours plus grandes, ce qui rendait une crise plus difficile à contenir. Le militarisme n'a pas causé seul la Première Guerre mondiale, mais il a fait apparaître la guerre comme une option ordinaire.

Fait partie de: Première Guerre mondiale (1914–1918) : causes, déroulement et conséquences

Qu'est-ce que le militarisme ? Comment il a mené à la Première Guerre mondiale

L'essentiel

Signification
L'armée et la marine d'abord, dans la politique de l'État comme dans la société
Période clé
Avant 1914, parmi les grandes puissances européennes
Exemples majeurs
Loi navale allemande (1898) ; loi militaire allemande et loi française des trois ans (1913)
Déclencheur direct
Assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin 1914
Déclarations de guerre
Autriche-Hongrie contre la Serbie (28 juillet) ; Allemagne contre la Russie (1er août) et la France (3 août) ; Grande-Bretagne contre l'Allemagne (4 août) 1914
Après la guerre
Le traité de Versailles limite l'armée allemande à 100 000 militaires (1919)

Chronologie

  1. 1871

    L'Empire allemand est fondé après la guerre franco-prussienne, avec la Prusse à sa tête.

  2. 1888

    Guillaume II devient empereur allemand et commandant suprême des forces armées.

  3. 1898

    L'Allemagne adopte sa première loi navale, ce qui lance la course navale avec la Grande-Bretagne.

  4. 1906

    La Grande-Bretagne lance le HMS Dreadnought, qui rend obsolètes les cuirassés existants.

  5. 1912–1913

    Les guerres balkaniques redessinent la région et inquiètent Vienne.

  6. 1913

    L'Allemagne adopte une loi militaire, et la France adopte la loi des trois ans.

  7. 4 décembre 1913

    Le Reichstag vote que la façon dont le gouvernement a géré l'affaire de Zabern ne reflétait pas l'avis du Parlement.

  8. 28 juin 1914
  9. 23 juillet 1914

    L'Autriche-Hongrie adresse à la Serbie un ultimatum assorti d'un délai de deux jours.

  10. 28 juillet 1914

    L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie.

  11. 1er au 4 août 1914

    L'Allemagne déclare la guerre à la Russie et à la France, et la Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne.

  12. 1919

    Le traité de Versailles limite l'armée allemande à 100 000 militaires.

    Aussi en 1919:Plus sur 1919

En cinq minutes

Le militarisme est l'idée qu'un pays doit placer son armée et sa marine avant tout, et que les valeurs militaires doivent façonner sa politique, son budget et sa culture quotidienne. Avant 1914, les grandes puissances d'Europe ont bâti de vastes forces armées et donné à leurs officiers une réelle influence sur le gouvernement. C'est pourquoi les historiens placent le militarisme parmi les grandes causes de la Première Guerre mondiale, aux côtés des alliances, de l'impérialisme et du nationalisme. Pour une vue d'ensemble, lisez notre dossier sur la Première Guerre mondiale.

En bref, le militarisme a conduit à la guerre en faisant apparaître le conflit armé comme un instrument ordinaire de la politique. Quand chaque gouvernement construisait des flottes et des armées toujours plus grandes, une crise diplomatique risquait davantage de finir par une mobilisation, et une mobilisation était très difficile à arrêter une fois lancée.

Ce que le militarisme signifiait avant 1914

Le militarisme réunit trois éléments qui apparaissent souvent ensemble. Le premier est une armée permanente importante : une grande armée et une marine maintenues prêtes en temps de paix, plutôt qu'une petite force qui ne grandit qu'en cas d'urgence. Le deuxième est le pouvoir politique. Généraux et amiraux avaient leur mot à dire sur le budget, la politique étrangère et même sur la façon dont l'État traitait sa propre population. Le troisième est culturel : l'admiration pour les uniformes, les défilés et l'honneur militaire, et la conviction que servir la nation signifie servir dans ses forces armées.

Tous les pays n'étaient pas militaristes au même degré, et le cas le plus net est celui de l'Allemagne. L'Empire allemand a été fondé en 1871, après la guerre franco-prussienne, et son armée et sa marine étaient étroitement liées au trône. Guillaume II devient empereur en 1888 et agit en commandant suprême des forces armées. Les officiers répondaient devant le Kaiser plutôt que devant le Parlement, si bien que l'armée pouvait poursuivre son propre programme même lorsque les dirigeants civils hésitaient.

D'autres puissances subissaient des pressions semblables. L'Autriche-Hongrie et la Russie comptaient de hauts responsables militaires qui poussaient à renforcer les effectifs, et la France, inquiète de sa frontière avec l'Allemagne, suivit la même voie. La Grande-Bretagne gardait une petite armée mais considérait la puissance navale comme le cœur de sa sécurité. Le militarisme était une habitude européenne partagée, et non une particularité allemande, ce qui explique le danger de la crise de 1914.

Le militarisme s'infiltrait aussi dans la vie quotidienne. Les associations d'anciens combattants, les officiers de réserve et les cérémonies publiques maintenaient les forces armées très présentes, et beaucoup de gens en vinrent à considérer le service militaire comme un devoir civique. Quand un gouvernement demandait davantage de soldats ou de navires, ce soutien public faisait paraître la demande normale plutôt qu'extrême.

Comment le militarisme a poussé l'Europe vers la guerre

L'exemple le plus clair est la course navale entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne. En 1898, le Reichstag allemand adopte la première loi navale, un plan élaboré par l'amiral Alfred von Tirpitz pour construire une flotte assez puissante pour que la Grande-Bretagne doive prendre l'Allemagne au sérieux et consentir des concessions. Les lois navales suivantes élargissent le programme. En 1906, la Grande-Bretagne lance le HMS Dreadnought, un cuirassé armé uniquement de gros canons et bien plus puissant que les navires plus anciens, ce qui rend presque du jour au lendemain les flottes existantes obsolètes. Les deux pays dépensent massivement pour de nouveaux navires, et chacun perçoit l'effort de l'autre comme une menace.

Les armées terrestres ont suivi le même schéma. En 1913, l'Allemagne adopte une loi militaire qui augmente l'effectif en temps de paix d'environ 117 000 simples soldats, portant le total à environ 870 000 hommes selon la plupart des estimations. La France répond la même année avec la loi des trois ans, qui allonge le service militaire obligatoire de deux à trois ans. La Russie établit un vaste programme militaire, et le tsar approuve les plans définitifs en novembre 1913. Chaque nouvelle loi semblait en justifier une autre, et les planificateurs militaires soutenaient de plus en plus qu'une guerre menée plus tôt serait plus facile à gagner.

Les guerres balkaniques de 1912 et 1913 ont ajouté à la tension. Le chef d'état-major austro-hongrois, Franz Conrad von Hötzendorf, plaidait depuis des années pour une guerre préventive contre la Serbie, et il continua de défendre cette idée à mesure que l'équilibre des forces dans les Balkans évoluait. Dans plusieurs capitales, les chefs militaires voyaient la guerre comme un moyen de résoudre les problèmes, et non comme un dernier recours.

Le militarisme a aussi modifié la façon dont l'État allemand traitait sa propre population. Fin 1913, à Saverne, ville alsacienne (Zabern en allemand), un jeune sous-lieutenant prussien tint des propos insultants envers les habitants et aurait incité ses soldats à maltraiter des civils. La réaction de l'armée, qui comprit l'arrestation de nombreux civils, suscita une colère violente. Le 4 décembre 1913, le Reichstag vota par 293 voix contre 54 que la façon dont le gouvernement avait traité l'affaire ne reflétait pas l'avis du Parlement. Le chancelier avait défendu l'armée au lieu d'affirmer l'autorité civile. L'affaire de Zabern laissa penser à beaucoup d'Allemands que l'armée se situait au-dessus de la loi, et elle donna au vocabulaire de l'abus militaire un nouveau mot, le « zabernisme ».

La crise de juillet : d'un assassinat à la guerre

L'étincelle fut l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, à Sarajevo, le 28 juin 1914. Les réactions qui suivirent reflétaient les réflexes militaristes. Le 23 juillet, l'Autriche-Hongrie adressa à la Serbie un ultimatum sévère assorti d'un délai de deux jours. La Serbie accepta la plupart des exigences, mais pas toutes, et le 28 juillet l'Autriche-Hongrie déclara la guerre à la Serbie. L'Allemagne soutint son alliée et déclara la guerre à la Russie le 1er août, puis à la France le 3 août. Les plans de guerre allemands reposaient sur une attaque rapide à travers la Belgique, et la mobilisation russe ajoutait à la pression : les calendriers étaient difficiles à suspendre. Lorsque les troupes allemandes entrèrent en Belgique, la Grande-Bretagne déclara la guerre à l'Allemagne le 4 août.

Beaucoup s'attendaient à une guerre courte. Les dirigeants qui avaient passé des années à bâtir de grandes armées supposaient souvent qu'ils pourraient gagner vite, et des foules dans plusieurs capitales acclamèrent les déclarations de guerre. La guerre devint en réalité une longue lutte dans les tranchées, qui dura plus de quatre ans. Le militarisme n'a pas produit à lui seul la crise de juillet, mais il a rendu beaucoup plus probable qu'un conflit régional devienne un conflit général.

La suite

La guerre a tué des millions de personnes et s'est achevée par un armistice en novembre 1918. Le traité de Versailles, en 1919, s'attaqua directement au militarisme. Il limita l'armée allemande à 100 000 militaires, abolit la conscription universelle et ordonna la dissolution de l'état-major général. Ces conditions devaient retirer l'armée de la politique allemande, mais beaucoup d'Allemands les jugèrent humiliantes. Ce ressentiment fit partie du récit politique des années 1920 et 1930. La question de la manière de contenir le militarisme resta donc ouverte bien après la fin des combats.

Ce que demandent les examens

Les questions d'examen sur les causes de la Première Guerre mondiale demandent souvent de mettre plusieurs causes en balance. Une bonne réponse fait quatre choses. Elle définit le militarisme en une phrase. Elle donne un ou deux exemples concrets, comme la course navale anglo-allemande ou les lois militaires de 1913. Elle explique comment ces exemples ont fait monter la tension ou rendu la guerre envisageable. Puis elle montre comment la crise de juillet a transformé cette tension en guerre. Ne vous arrêtez pas à la définition, et ne prétendez pas que le militarisme était la seule cause.

À lire ensuite

Commencez par La Première Guerre mondiale (1914–1918) : causes, déroulement et conséquences pour la chronologie complète. Lisez ensuite Les grandes causes de la Première Guerre mondiale : militarisme, alliances, impérialisme, nationalisme pour voir comment le militarisme se situe par rapport aux autres causes. Comment les alliances ont conduit à la Première Guerre mondiale explique comment les engagements de traités ont transformé une guerre régionale en guerre continentale, et Triple-Alliance contre Triple-Entente compare côte à côte les deux blocs.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le militarisme, en termes simples ?

Le militarisme est la conviction qu'un État doit placer son armée et sa marine en premier, garder de grandes forces même en temps de paix, et laisser les chefs militaires et les valeurs militaires façonner la politique et la vie publique. C'est une idée large : les historiens décrivent donc surtout à quel point elle était forte dans tel ou tel pays, plutôt que de la traiter comme une réponse simple par oui ou par non.

Comment le militarisme a-t-il conduit à la Première Guerre mondiale ?

Des puissances rivales ont construit des flottes et des armées plus grandes, ce qui rendait chaque querelle diplomatique plus dangereuse. Les chefs militaires ont aussi commencé à voir une guerre précoce comme un avantage, si bien que la force semblait un outil raisonnable. Quand la crise entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie s'ouvrit en juillet 1914, les plans de mobilisation ont transformé un conflit régional en guerre générale.

Qu'a été la course navale anglo-allemande ?

Après que l'Allemagne eut adopté sa loi navale de 1898, elle construisit une flotte destinée à faire pression sur la Grande-Bretagne, et celle-ci répondit en construisant des navires de guerre plus rapides et plus puissants. Le lancement du HMS Dreadnought en 1906 rendit obsolètes les anciens cuirassés et aviva la rivalité. Chaque camp considérait l'effort de l'autre comme une menace, ce qui rendait la course aux armements difficile à arrêter.

Le militarisme a-t-il été la seule cause de la Première Guerre mondiale ?

Non. Les historiens comptent le militarisme parmi les grandes causes avec les alliances, l'impérialisme et le nationalisme, et chacune a rendu les autres plus dangereuses. Il vaut mieux voir le militarisme comme un facteur qui a fait monter la tension et rendu la guerre acceptable, plutôt que comme l'explication unique.

Qu'est devenu le militarisme après la guerre ?

Le traité de Versailles, en 1919, a limité l'armée allemande à 100 000 militaires, aboli le service militaire obligatoire et ordonné la dissolution de l'état-major général. Beaucoup d'Allemands ont mal accepté ces conditions, et ce ressentiment a fait partie du récit politique des années 1920 et 1930.

Vérifiez votre compréhension

Choisissez une réponse pour chaque question pour voir si vous avez raison.

  1. Que signifie le militarisme ?

  2. Quel navire de guerre, lancé en 1906, a rendu obsolètes les anciens cuirassés ?

  3. Que fit la France en 1913 face à l'expansion de l'armée allemande ?

  4. Qu'était l'affaire de Zabern ?

  5. Quel événement a déclenché directement la crise de juillet 1914 ?

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À propos de l'auteur

Alex Ng
Alex Ng

Software Engineer & Writer

Software engineer with a passion for distilling complex ideas into actionable insights. Writes about finance, investment, entrepreneurship, and technology.

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