En cinq minutes
En bref : la Première Guerre mondiale commence parce qu'un assassinat à Sarajevo déclenche une crise que les alliances, les armées et les rivalités de l'Europe ne parviennent pas à contenir. Le 28 juin 1914, Gavrilo Princip, jeune nationaliste bosno-serbe, tue l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche-Hongrie et son épouse, Sophie. En environ cinq semaines, cinq des six grandes puissances européennes sont en guerre les unes contre les autres.
L'assassinat est l'étincelle, mais le combustible s'accumulait depuis des décennies. Des alliances rivales, une course aux armées et aux flottes toujours plus puissantes, la compétition pour les colonies et des nationalismes qui s'affrontent augmentent les enjeux. Une fois que l'Autriche-Hongrie s'en prend à la Serbie, ces liens transforment en quelques jours une querelle régionale en guerre continentale, puis en guerre mondiale, lorsque les combats s'étendent outre-mer.
Si vous voulez suivre le déroulement complet de la guerre, et pas seulement ses causes, la page de référence sur la Première Guerre mondiale la retrace du début à la fin.
Les quatre causes profondes de la Première Guerre mondiale
Historiens et enseignants regroupent souvent les causes profondes sous quatre rubriques : le militarisme, les alliances, l'impérialisme et le nationalisme. Chacune augmentait les enjeux à elle seule. Ensemble, elles ont rendu une crise locale dangereuse.
Militarisme : de grandes armées et des calendriers figés
En 1914, les grandes puissances disposent d'armées permanentes importantes. Beaucoup recourent à la conscription et peuvent donc mobiliser des millions d'hommes en quelques jours. Leurs états-majors ont établi des plans détaillés pour mobiliser et acheminer les troupes par chemin de fer. Le plan Schlieffen allemand, par exemple, repose sur une victoire rapide contre la France, obtenue en traversant la Belgique avant de se retourner vers la Russie. Une fois ces plans en place, beaucoup de dirigeants estiment qu'attendre peut leur faire perdre leur avantage, ce qui les pousse à décider vite.
Les armées de terre ne sont pas la seule course. La Grande-Bretagne et l'Allemagne rivalisent pour construire des cuirassés toujours plus grands. La Grande-Bretagne lance le HMS Dreadnought en 1906, et ce navire fixe une nouvelle norme que les marines rivales doivent égaler. Chaque camp considère les nouveaux navires de l'autre comme une menace, ce qui rend chacun moins en sécurité.
Alliances : deux blocs et une chaîne d'obligations
L'Allemagne et l'Autriche-Hongrie signent une alliance défensive en 1879, et l'Italie les rejoint en 1882, formant la Triple-Alliance. La France et la Russie signent une alliance militaire en 1894. La Grande-Bretagne s'était tenue à l'écart d'engagements formels sur le continent, mais elle signe des accords avec la France en 1904 puis avec la Russie en 1907. Ces liens donnent naissance à la Triple Entente.
Une alliance promet son soutien à un partenaire attaqué. Une querelle entre deux pays peut donc entraîner leurs alliés, l'un après l'autre. L'Italie, pourtant membre de la Triple-Alliance, reste neutre en 1914 et rejoint les Alliés en 1915. Cet écart montre que les alliances n'étaient pas automatiques.
Impérialisme : la course aux colonies
Les puissances européennes se disputent des colonies en Afrique, en Asie et dans le Pacifique. Les colonies sont liées au prestige, au commerce et aux bases navales, si bien qu'un échec dans une de ces compétitions peut passer pour une humiliation nationale. Cette concurrence provoque des crises à répétition. En 1905 et 1906, l'Allemagne défie la France au sujet du Maroc, et en 1911 elle envoie une canonnière dans le port d'Agadir, ce qui déclenche une seconde crise marocaine. Chaque affrontement rend les rivaux plus méfiants les uns envers les autres et donne aux planificateurs militaires une raison de plus de se préparer à la guerre.
Nationalisme : frontières inachevées et peuples rivaux
Le nationalisme tire les pays dans des directions différentes. Après la guerre franco-prussienne de 1870-1871, l'Allemagne prend l'Alsace-Lorraine à la France, et beaucoup de Français veulent la récupérer. Dans les Balkans, la Serbie espère rassembler sous sa direction les autres peuples slaves du Sud. L'Autriche-Hongrie, en revanche, est un empire multiethnique et craint qu'une Serbie forte n'encourage ses propres minorités à se détacher.
La tension s'aggrave en 1908, lorsque l'Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine, qu'elle administrait depuis 1878. Cela irrite la Serbie et la Russie. Les guerres balkaniques de 1912 et 1913 laissent ensuite la Serbie plus grande et plus sûre d'elle, et Vienne y voit une menace croissante.
L'étincelle : Sarajevo et la crise de juillet
François-Ferdinand, héritier du trône des Habsbourg, se rend à Sarajevo le 28 juin 1914. Cette date est celle du Vidovdan, fête serbe qui commémore la bataille du Kosovo en 1389, et elle a donc une forte valeur symbolique pour de nombreux Serbes. Plus tôt ce matin-là, un autre conjuré lance une bombe sur le cortège, mais elle manque la voiture de l'archiduc. Plus tard, quand le chauffeur se trompe de route et s'arrête, Princip s'avance et tire. L'archiduc et Sophie meurent tous deux ce jour-là.
Vienne utilise le meurtre comme prétexte pour faire pression sur la Serbie. L'Allemagne a déjà promis son soutien, un engagement souvent appelé le « chèque en blanc ». Le 23 juillet, l'Autriche-Hongrie envoie à la Serbie un ultimatum comportant dix exigences et un délai de 48 heures pour répondre. La Serbie accepte la plupart des exigences, mais pas toutes. Le 28 juillet, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie.
L'étape suivante est la mobilisation. La Russie commence à mobiliser son armée pour soutenir la Serbie, et l'Allemagne exige qu'elle arrête. Une fois de grandes armées en mouvement, il devient difficile de les arrêter, et chaque gouvernement subit la pression d'agir avant ses rivaux. La crise de juillet est donc autant une course contre la montre qu'un différend diplomatique.
D'une guerre à une guerre mondiale
L'Allemagne déclare la guerre à la Russie le 1er août, puis à la France le 3 août. Les plans de guerre allemands exigent une marche rapide à travers la Belgique, pays neutre. Le 4 août, les troupes allemandes entrent en Belgique. La Grande-Bretagne avait garanti la neutralité belge par un traité signé en 1839, et elle déclare la guerre à l'Allemagne le même jour.
L'entrée de la Grande-Bretagne fait intervenir l'Empire, sa marine et ses colonies, si bien que la guerre prend une dimension mondiale. À la fin de 1914, l'Empire ottoman a rejoint les puissances centrales, et les combats s'étendent au Moyen-Orient, à l'Afrique et au Pacifique. Ce qui avait opposé l'Autriche-Hongrie et la Serbie est devenu une guerre à l'échelle du monde.
Ce que la guerre a changé
Les combats durent jusqu'à l'armistice du 11 novembre 1918. Entre-temps, le gouvernement tsariste en Russie est tombé en 1917, et les empires allemand, austro-hongrois et ottoman ont perdu le pouvoir ou se sont désagrégés. Le traité de Versailles, signé en 1919, rend l'Allemagne responsable de la guerre et l'oblige à verser des réparations. Ses conditions deviennent un grief majeur en Allemagne tout au long des années 1920.
La guerre laisse aussi des millions de morts et redessine la carte de l'Europe et du Moyen-Orient. Comprendre ses causes aide à expliquer pourquoi le règlement de paix, et les nouveaux États qui en sont issus, ont été si contestés.
Ce que demandent les examens
Les questions d'examen demandent souvent de distinguer les causes profondes des déclencheurs immédiats. Une bonne réponse, dans le style de l'examen AP, explique comment le militarisme, les alliances, l'impérialisme et le nationalisme ont fragilisé le système, puis montre comment l'assassinat de Sarajevo et les ultimatums de juillet ont transformé une guerre régionale en guerre générale. Soyez prêt à situer les dates clés de 1879 à août 1914 et à expliquer pourquoi l'entrée de la Grande-Bretagne a changé l'ampleur du conflit.
Dans votre rédaction, évitez d'affirmer qu'un seul pays a simplement causé la guerre. Les meilleures réponses montrent comment plusieurs décisions, prises sous pression, se sont enchaînées.
À lire ensuite
Choisissez la page qui correspond à votre prochaine question :
- Les principales causes de la Première Guerre mondiale : un parcours plus complet des quatre causes, avec un exemple pour chacune.
- Qu'est-ce que le militarisme ? Comment il a mené à la Première Guerre mondiale : comment les armées, la conscription et les plans de guerre ont façonné la crise de juillet.
- Triple-Alliance contre Triple Entente : un regard côte à côte sur les pays qui se trouvaient dans chaque camp en 1914.