En cinq minutes : qui était Robespierre ?
Maximilien Robespierre était un avocat d'Arras devenu l'une des voix les plus influentes des Jacobins pendant la Révolution française. De 1793 à 1794, il siège au cœur du gouvernement et fait avancer la Terreur, une période où les tribunaux et les comités envoient un grand nombre de personnes à la guillotine, considérées comme ennemies de la République. Surnommé « l'Incorruptible », il chute en juillet 1794, ce qui met fin à la Terreur. Pour le contexte d'ensemble, lire La Révolution française expliquée (1789–1799).
Les manuels scolaires le présentent généralement de deux façons : un idéaliste qui combattit pour l'égalité, ou un dictateur qui justifia les exécutions de masse au nom de la vertu. Ces deux portraits s'appuient sur des preuves réelles de sa carrière. La réponse courte à « Qui était Robespierre ? » est qu'il fut un orateur de principes devenu l'un des visages d'un gouvernement qui envoya beaucoup de ses propres citoyens à la guillotine.
De l'avocat au député des États généraux
Robespierre naît le 6 mai 1758 à Arras, dans le nord de la France. Boursier, il part étudier à Paris, puis rentre chez lui exercer le droit. En 1789, le roi convoque les États généraux pour faire face à une grave crise financière, et Robespierre est élu pour représenter l'Artois. Dès l'ouverture des débats, il se fait remarquer par des discours précis et percutants.
Les États généraux sont une ancienne assemblée qui vote par ordre : le clergé, la noblesse et le tiers état, qui forme la très grande majorité de la population. Voter par ordre permet aux deux ordres privilégiés de toujours l'emporter sur le tiers. En juin 1789, le tiers état se proclame Assemblée nationale, et la crise se transforme en véritable révolution politique. Robespierre fait partie de ceux qui, dans la nouvelle assemblée, soutiennent que les gens ordinaires méritent une véritable place dans le gouvernement.
Il s'oppose à la peine de mort en 1791, mais l'Assemblée n'adopte pas sa proposition. Sa réputation d'honnêteté personnelle, son mode de vie modeste et son attachement aux principes se forgent durant ces années et lui valent le surnom qui le suit encore aujourd'hui.
L'ascension vers le Comité de salut public
En septembre 1792, Robespierre est élu à la Convention nationale pour Paris. En janvier 1793, il vote l'exécution de Louis XVI. Au printemps et à l'été, la France fait face à des révoltes à l'intérieur et à des guerres à l'extérieur. En juin 1793, la Convention exclut et fait arrêter les principaux députés girondins, ce qui laisse les Jacobins maîtres de l'assemblée. Fin juillet, Robespierre entre au Comité de salut public, l'organe qui dirige le gouvernement pendant la crise.
Le Comité de salut public a été créé en avril 1793 pour coordonner l'effort de guerre et faire face aux révoltes intérieures. Ce n'était pas un pouvoir d'un seul homme : c'était un groupe de membres qui travaillaient à travers la Convention et des sous-comités, et qui gagna peu à peu en pouvoir à mesure que la crise s'aggravait. Robespierre n'était pas la seule figure du gouvernement, mais ses discours et sa position en faisaient la voix la plus influente du groupe.
Les Jacobins formaient l'aile radicale de la Convention et étaient étroitement liés aux députés assis sur les bancs les plus élevés, appelés la Montagne. Leurs membres parlaient de vertu et de bien public, et ils croyaient que la République ne pourrait survivre que si ses ennemis étaient traités avec fermeté.
La Terreur et les lois qui l'accompagnent
Le gouvernement recourt aux pouvoirs d'exception. La loi des suspects, votée en septembre 1793, élargit le pouvoir d'arrêter toute personne jugée hostile à la Révolution. Les tribunaux révolutionnaires jugent vite, et beaucoup d'accusés sont condamnés. Robespierre défend ce système comme une protection nécessaire pour la République, estimant qu'une justice rapide et sévère était le prix de la survie.
La Terreur ne tient pas à une seule loi. Au début de septembre 1793, la Convention déclare que la terreur est à l'ordre du jour. Des comités locaux dressent des listes de suspects, et les personnes accusées sont souvent arrêtées d'abord et interrogées ensuite. Parmi elles figurent d'anciens nobles, des prêtres qui avaient refusé de prêter serment à l'État, des marchands soupçonnés d'accaparer des marchandises, et des habitants des régions où des révoltes avaient éclaté. Le résultat est un climat où la plainte d'un voisin pouvait suffire à mettre fin à une vie.
En 1794, le cercle des cibles s'élargit aux anciens alliés. Hébert et ses partisans sont exécutés en mars, et Danton au début d'avril. Chaque exécution accroît la peur au sein de la Convention, où les députés commencent à se demander qui sera le prochain.
Pourquoi Robespierre a-t-il été exécuté ?
Plusieurs décisions de juin 1794 poussent la Convention à se retourner contre lui. Le 8 juin, il préside la Fête de l'Être suprême, une cérémonie d'État destinée à donner à la République une religion civique. Deux jours plus tard, la loi du 22 prairial simplifie la procédure judiciaire et limite fortement le droit des accusés à se défendre. Selon cette loi, une preuve morale peut suffire à condamner. Les exécutions se multiplient à Paris, et beaucoup de députés voient dans cette loi une menace pour leur propre sécurité.
Robespierre passe aussi beaucoup moins de temps dans les comités dans les semaines qui précèdent la crise, et ses rivaux ont le temps de s'organiser. Le 26 juillet 1794, il prononce un long discours devant la Convention. Il met en garde contre des ennemis au sein de la Convention et des comités, mais ne nomme personne. Pour les députés qui craignent de figurer sur une liste non nommée, cette imprécision est elle-même inquiétante.
Le 27 juillet 1794, que le calendrier révolutionnaire appelle le 9 thermidor, la Convention le déclare hors la loi. Robespierre avait rassemblé ses partisans à l'hôtel de ville de Paris, et lors de son arrestation il est blessé à la mâchoire d'un coup de feu. Les historiens ne s'accordent toujours pas sur la question de savoir s'il s'est tiré dessus ou s'il a été blessé pendant la lutte. Être mis hors la loi signifiait qu'il pouvait être exécuté sans procès.
Il est guillotiné le lendemain, 28 juillet 1794 (10 thermidor), place de la Révolution, avec une vingtaine de ses alliés. Parmi eux se trouvent son frère cadet Augustin et Louis Antoine de Saint-Just, un proche qui avait été l'un des exécutants les plus zélés de la Terreur. Il a 36 ans. Les historiens lisent souvent cette exécution comme le signe que la Révolution avait commencé à dévorer ses propres chefs.
La suite, et pourquoi les avis divergent encore
La chute de Robespierre met fin à la Terreur. La période qui suit, appelée réaction thermidorienne, voit la libération de prisonniers, la sanction de nombreux anciens Jacobins et la fermeture du club des Jacobins en novembre 1794.
Les estimations du nombre de victimes varient. Les exécutions officielles sont généralement évaluées à plus de dix mille, mais le bilan plus large, qui inclut les morts en prison et hors de toute procédure légale, reste débattu. Il est plus utile de retenir le système qu'un chiffre unique : des lois qui faisaient de la simple suspicion un motif d'arrestation, des tribunaux qui allaient vite, et un gouvernement qui voyait des ennemis partout.
Les opinions sur Robespierre divisent toujours historiens et lecteurs. Certains voient un idéaliste qui combattit pour l'égalité et pour les gens ordinaires face aux privilèges, et qui vivait avec une modestie personnelle qui le distinguait. D'autres voient un chef qui employa le langage de la vertu pour justifier les exécutions et écarter ses rivaux.
Les deux lectures s'appuient sur des preuves réelles. La question utile n'est pas de choisir une étiquette, mais de comprendre comment les idéaux et la violence étaient liés à son époque, et dans quelle mesure il contrôlait le système qu'il défendait. Les auteurs anciens prenaient souvent parti pour l'un ou l'autre camp. Les historiens plus récents ont travaillé sur les archives de la Convention et de ses comités, qui offrent une image plus détaillée de la façon dont les décisions étaient prises.
Ce que demandent les sujets d'examen
- Retracez le chemin des États généraux de 1789 au Comité de salut public, et expliquez pourquoi le pouvoir s'y est déplacé en 1793.
- Comparez la loi des suspects (1793) et la loi du 22 prairial (1794), et expliquez comment chacune a élargi la Terreur.
- Évaluez la réputation de Robespierre : un idéaliste qui voulait l'égalité, ou un chef qui justifiait la violence au nom de celle-ci. Appuyez-vous sur des preuves pour les deux points de vue.
Une bonne copie présente les deux points de vue, les appuie sur des preuves, puis défend une conclusion au lieu de choisir un camp sans preuve.
À lire ensuite
Pour découvrir la cour et la crise qui ont lancé la Révolution, lisez Versailles et la cour de Marie-Antoinette. Pour les institutions et les événements de la période violente, La Terreur (1793–1794) est l'étape suivante. Le procès et la mort du roi sont traités dans Qui était Louis XVI ?, et la chronologie complète se trouve dans La Révolution française expliquée (1789–1799).