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La prise de la Bastille (14 juillet 1789)

octobre 29, 2026
Le 14 juillet 1789, une foule parisienne prend d'assaut la Bastille, forteresse royale et prison d'État. La garnison capitule dans la soirée, le gouverneur est tué et la foule s'empare de la poudre entreposée à l'intérieur. L'événement devient le symbole du tournant populaire de la Révolution.

Fait partie de: La Révolution française expliquée (1789–1799)

La prise de la Bastille (14 juillet 1789)

L'essentiel

Quand
14 juillet 1789
Où
La Bastille, forteresse royale et prison d'État dans l'est de Paris
Qui attaque
Une foule parisienne, rejointe par les gardes françaises passés de son côté
Qui défend
Environ 114 hommes sous le commandement de Bernard-René de Launay
Prisonniers
Sept
Résultat
La forteresse tombe, le commandant est tué, et la poudre et les armes sont saisies
Pourquoi c'est important
Un symbole de l'autorité royale tombe, et la Révolution gagne en élan grâce à l'action populaire
Fête nationale
Le 14 juillet devient la fête nationale de la France par la loi de 1880

Chronologie

  1. 11 juillet 1789

    Louis XVI renvoie le ministre des Finances Jacques Necker.

  2. 12 juillet 1789

    La nouvelle parvient à Paris, des foules se rassemblent au centre de la ville, et des affrontements éclatent avec les troupes royales.

  3. 13 juillet 1789

    Les électeurs de Paris forment une milice citoyenne et commencent à chercher des armes.

  4. 14 juillet 1789, matin

    La foule s'empare d'environ 28 000 à 32 000 mousquets aux Invalides.

  5. 14 juillet 1789, fin de matinée

    Une délégation demande au commandant de la Bastille de se rendre, et il refuse.

  6. 14 juillet 1789, après-midi

    Les combats s'intensifient lorsque des gardes françaises passés du côté de la foule amènent des canons.

  7. 14 juillet 1789, soir

    La garnison capitule, le commandant de Launay est tué, et sept prisonniers sont libérés.

  8. 17 juillet 1789

    Louis XVI se rend à Paris et accepte une cocarde bleue et rouge des mains du maire Bailly.

  9. 4 août 1789

    L'Assemblée nationale vote l'abolition des privilèges féodaux.

  10. 14 juillet 1790

    La Fête de la Fédération célèbre le premier anniversaire à Paris.

  11. 6 juillet 1880

    Une loi faisant du 14 juillet la fête nationale est promulguée.

En cinq minutes

La prise de la Bastille a eu lieu le 14 juillet 1789, lorsqu'une foule parisienne a attaqué la Bastille, une ancienne forteresse royale située à l'est de la ville, qui servait aussi de prison d'État. Dans la soirée, la garnison s'était rendue, le commandant avait été tué et la poudre entreposée à l'intérieur était aux mains de la foule. On n'y a trouvé que sept prisonniers : l'événement n'a donc jamais été une évasion de masse. Les historiens y voient souvent le moment où les Parisiens ordinaires ont pris la Révolution en main, et la France a fait de cette date sa fête nationale depuis 1880.

Pour le contexte plus large, lisez notre guide La Révolution française expliquée (1789–1799). La prise de la Bastille en est l'un des tournants, car elle a fait passer la lutte des salles de réunion aux rues de Paris.

Pourquoi la foule a marché sur la Bastille

Les causes profondes étaient financières. Des années de guerres coûteuses avaient plongé l'État français dans la dette, et le système fiscal pesait surtout sur le peuple. En mai 1789, le roi Louis XVI convoqua les États généraux pour trouver une issue. En juin, les députés du tiers état se proclamèrent Assemblée nationale. Le roi et ses conseillers s'inquiétèrent, et en juillet les troupes royales se rassemblaient autour de Paris. Le prix du pain était élevé après de mauvaises récoltes, si bien que de nombreux Parisiens étaient déjà en colère et affamés avant qu'un événement précis ne les fasse basculer.

Le déclencheur immédiat survint le 11 juillet 1789, lorsque Louis XVI renvoya Jacques Necker, le ministre des Finances, populaire auprès de nombreux Parisiens pour ses idées de réforme. La nouvelle parvint à la ville le lendemain. Pour beaucoup, ce renvoi ressemblait à un signe que le roi allait employer la force contre l'Assemblée et la capitale. Les rumeurs se répandirent vite, et la ville était à fleur de peau.

La foule voulait aussi des armes et de la poudre. Le 13 juillet, les électeurs de Paris mirent sur pied une milice citoyenne, et cette milice avait besoin d'armes. Des rumeurs affirmaient que la Bastille abritait une grande réserve de poudre. C'était en partie vrai, car le commandant des Invalides y avait transféré de la poudre pour la stocker en lieu plus sûr.

La Bastille incarnait aussi le pouvoir royal. Dans l'ancien système, un ordre royal appelé lettre de cachet pouvait faire enfermer quelqu'un sans procès, et la Bastille était la prison la plus connue de ce système. En 1789, très peu de gens y étaient détenus, mais le bâtiment symbolisait toujours l'arbitraire. Une croyance populaire veut que la foule ait voulu libérer des centaines de prisonniers politiques. C'est un mythe. Ce jour-là, il n'y avait que sept prisonniers à l'intérieur.

Pris ensemble, trois facteurs expliquent l'attaque : la colère face au renvoi de Necker et la crainte que le roi use de la force, la peur de voir les troupes royales approcher, et le besoin pressant d'armes et de poudre. La foule elle-même était mêlée, composée d'artisans, de commerçants, de journaliers et de soldats, et ce mélange a permis à la révolte de s'étendre vite.

Ce qui s'est passé lors de la prise de la Bastille

La journée commença à l'hôtel des Invalides, sur la rive gauche de la Seine, une maison pour anciens combattants qui abritait aussi un grand dépôt d'armes. La foule y fit irruption et s'empara de 28 000 à 32 000 mousquets, ainsi que de quelques canons. Les sources donnent des totaux différents, mais l'ampleur de la saisie est claire. La poudre ayant déjà été transportée à la Bastille, la foule se dirigea vers l'est de la ville.

Vers la fin de la matinée, une délégation se rendit à la Bastille et demanda à son commandant, Bernard-René de Launay, de remettre la forteresse et sa poudre. Il refusa. Les négociations ayant échoué, les coups de feu commencèrent et, durant l'après-midi, les combats s'intensifièrent. Des soldats des gardes françaises, passés du côté de la foule, aidèrent à amener des canons contre les murs. La garnison riposta depuis les tours.

La garnison était petite, environ 114 hommes. La plupart étaient des invalides, des soldats vétérans inaptes au service en campagne, et les autres étaient des grenadiers suisses arrivés une semaine plus tôt pour renforcer la forteresse. Les assaillants étaient bien plus nombreux. Les estimations du nombre d'assaillants tués oscillent généralement entre environ 80 et 100, selon les sources, et seul un petit nombre de défenseurs périrent au combat.

Au soir, la garnison capitula et le pont-levis fut abaissé. De Launay fut arrêté et conduit vers l'Hôtel de Ville, siège du gouvernement municipal. En chemin, il fut attaqué et tué par la foule, ainsi que plusieurs autres défenseurs. La foule libéra aussi les sept prisonniers : quatre hommes détenus pour faux-monnayage, deux hommes décrits comme malades mentaux, et un comte détenu à la demande de sa famille.

La chute de la forteresse en une seule journée stupéfia le gouvernement et encouragea les Parisiens à agir de nouveau.

Les suites

La chute de la Bastille bouleversa la politique parisienne en quelques jours. Le 17 juillet, Louis XVI se rendit dans la capitale, alla à l'Hôtel de Ville et accepta une cocarde bleue et rouge, couleurs de Paris, des mains du nouveau maire, Jean-Sylvain Bailly. Le roi reconnaissait ainsi la nouvelle direction de la ville née de la révolte. Pour lui, la visite était aussi un geste politique : elle signalait qu'il accepterait le nouveau gouvernement plutôt que de s'appuyer uniquement sur les troupes. La milice citoyenne fut réorganisée en Garde nationale, dirigée par le marquis de La Fayette, ce qui donna aux Parisiens armés un rôle durable dans le maintien de l'ordre public.

La forteresse elle-même ne dura pas longtemps. Les autorités parisiennes confièrent la démolition à l'entrepreneur Pierre-François Palloy, et les ouvriers abattirent la Bastille en environ cinq mois. Un symbole du pouvoir royal était devenu un terrain vide, et ce changement de sens correspondait aux objectifs plus larges de la Révolution.

Les effets dépassèrent largement Paris. Dans les campagnes, des paysans s'en prirent aux registres et redevances féodaux lors de la « Grande Peur ». Le 4 août 1789, l'Assemblée nationale vota l'abolition des privilèges féodaux. Les événements d'une journée dans la capitale s'étaient transformés en un programme national de réformes.

L'année suivante, le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération célébra le premier anniversaire de la chute par une fête de l'unité nationale à Paris. Bien plus tard, en 1880, la Troisième République fit du 14 juillet la fête nationale par une loi promulguée le 6 juillet. La fête honore à la fois l'assaut de 1789 et la fête de 1790. Dans les pays anglophones, on la connaît largement sous le nom de « Bastille Day ».

Ce que demandent les examens

Pour l'AP European History et les cours comparables, les questions portent surtout sur l'importance de l'événement, et pas seulement sur ce qui s'est passé. Il faut savoir expliquer trois points : les causes (le renvoi de Necker, la peur des troupes royales, et la pénurie de pain et d'armes), l'événement lui-même (la saisie d'armes et la reddition de la forteresse) et sa portée (l'action populaire a poussé la Révolution plus loin et affaibli le contrôle royal). Une bonne réponse relie la prise de la Bastille au transfert du pouvoir du roi vers l'Assemblée nationale et le gouvernement municipal de Paris.

Demandez-vous aussi qui a mené l'attaque. Les historiens débattent de la part de spontanéité de l'événement et de celle qui revient aux nouveaux dirigeants parisiens, donc une réponse équilibrée pèse les deux thèses. Quand vous comparez les sources, notez que les chiffres de pertes et de nombre de mousquets diffèrent d'un récit à l'autre. Une bonne réponse emploie des mots comme « environ » ou donne une fourchette, et évite de répéter le mythe des centaines de prisonniers libérés.

À lire ensuite

  • Le serment du Jeu de paume (1789) : comment les députés du tiers état ont refusé de se disperser sur ordre royal, quelques semaines à peine avant la chute de la Bastille.
  • Qui était Louis XVI ? : le roi dont les choix de juillet 1789 ont poussé Paris au bord du gouffre.
  • Bastille Day : ce que célèbre le 14 juillet : comment l'anniversaire est devenu la fête nationale de la France.

Questions fréquentes

Quand a eu lieu la prise de la Bastille ?

Elle a eu lieu le 14 juillet 1789. Dans la matinée, la foule s'est emparée d'armes à l'hôtel des Invalides. Les combats à la Bastille se sont poursuivis durant l'après-midi, et la garnison a capitulé le soir même. On date généralement l'événement de cette seule journée.

Pourquoi la foule a-t-elle pris la Bastille ?

Trois pressions se sont conjuguées. Le roi Louis XVI a renvoyé le ministre des Finances, Jacques Necker, très populaire, le 11 juillet, ce que beaucoup ont lu comme une menace. Des troupes royales se rassemblaient autour de Paris. Et la foule avait besoin d'armes et de poudre. La forteresse symbolisait aussi le pouvoir royal, puisqu'on pouvait être emprisonné sur ordre du roi, sans procès.

Combien de prisonniers ont été libérés ?

Sept. Quatre hommes étaient détenus pour faux-monnayage, deux hommes étaient décrits comme malades mentaux, et un comte était détenu à la demande de sa famille. L'affirmation populaire selon laquelle des centaines de prisonniers politiques ont été libérés est un mythe. Savoir cela permet de comprendre que le sens de l'attaque se situe ailleurs : dans la puissance de la foule et le message sur l'autorité royale.

Pourquoi le 14 juillet est-il la fête nationale en France ?

En 1880, la Troisième République a voté une loi faisant du 14 juillet la fête nationale. La date honore la prise de la Bastille en 1789 et la Fête de la Fédération de 1790, une fête de l'unité nationale. Beaucoup de personnes dans les pays anglophones connaissent ce jour sous le nom de « Bastille Day ».

Qui était Bernard-René de Launay ?

Il était le commandant de la Bastille le 14 juillet 1789. Il a refusé la demande de la foule de remettre la forteresse et sa poudre. Une fois la garnison rendue, la foule s'en est prise à lui et l'a tué alors qu'on le conduisait vers l'Hôtel de Ville.

Vérifiez votre compréhension

Répondez à chaque question, puis touchez pour voir la réponse.

  1. Quel événement a suscité la colère de la foule juste avant le 14 juillet 1789 ?

    1. La construction de la Bastille
    2. Le renvoi du ministre des Finances Jacques Necker
    3. L'adoption de la Déclaration des droits de l'homme
    4. La Fête de la Fédération
    Voir la réponse

    Le renvoi du ministre des Finances Jacques Necker — Louis XVI a renvoyé Necker le 11 juillet, et beaucoup de Parisiens y ont vu une menace.

  2. Qu'est-ce que la foule a saisi aux Invalides le matin du 14 juillet ?

    1. Des pièces d'or
    2. Des mousquets et des canons
    3. Des presses d'imprimerie
    4. Des sacs de blé
    Voir la réponse

    Des mousquets et des canons — La foule a pris un grand nombre de mousquets et quelques canons.

  3. Combien de prisonniers se trouvaient à la Bastille quand elle est tombée ?

    1. Sept
    2. Quarante
    3. Plusieurs centaines
    4. Aucun
    Voir la réponse

    Sept — Seuls sept prisonniers y étaient détenus, donc l'affirmation selon laquelle des centaines de prisonniers politiques ont été libérés est un mythe.

  4. Qui commandait la Bastille le 14 juillet 1789 ?

    1. Jacques Necker
    2. Louis XVI
    3. Bernard-René de Launay
    4. Jean-Sylvain Bailly
    Voir la réponse

    Bernard-René de Launay — De Launay a refusé de rendre la forteresse et a été tué après la capitulation de la garnison.

  5. En quelle année la France a-t-elle fait du 14 juillet sa fête nationale par la loi ?

    1. 1789
    2. 1790
    3. 1880
    4. 1914
    Voir la réponse

    1880 — Une loi promulguée en 1880 a fait du 14 juillet la fête nationale.

Plus sur : La Révolution française

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À propos de l'auteur

Alex Ng
Alex Ng

Software Engineer & Writer

Software engineer with a passion for distilling complex ideas into actionable insights. Writes about finance, investment, entrepreneurship, and technology.

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