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Les causes de la Révolution française

octobre 29, 2026
Les causes de la Révolution française sont la dette, des impôts injustes, de mauvaises récoltes, des idées nouvelles et un blocage politique. L'État a manqué d'argent après le coût de ses guerres, et le roi a tenté de taxer les groupes privilégiés. Lorsque la réforme a échoué, il a dû convoquer les États généraux en 1789, et c'est ce qui a lancé la Révolution.

Fait partie de: La Révolution française expliquée (1789–1799)

Les causes de la Révolution française

L'essentiel

Période
1787–1789 (la crise trouve ses racines dans les guerres des années 1770 et 1780)
Lieu
France, surtout Versailles et Paris
Acteurs
Louis XVI, les ministres Calonne, Brienne et Necker, et le Tiers état
Élément déclencheur
L'échec de la réforme fiscale et la convocation des États généraux
Issue
En juin 1789, le Tiers état se proclame Assemblée nationale
Causes principales
Dettes, impôts injustes, mauvaises récoltes, idées des Lumières, blocage politique

Chronologie

  1. 1778

    La France rejoint les colonies américaines dans leur guerre contre la Grande-Bretagne, ce qui alourdit sa dette.

  2. 1786

    Un traité commercial avec la Grande-Bretagne nuit aux fabricants français et accroît les tensions économiques.

  3. Février 1787

    Le ministre des Finances Calonne convoque une Assemblée des notables pour soutenir la réforme fiscale, qui ne lui donne pas l'approbation espérée.

  4. Avril 1787

    Calonne est renvoyé et Brienne prend en charge les finances.

  5. 7 juin 1788

    À Grenoble, la foule affronte les troupes royales après l'action du gouvernement contre la haute cour locale, lors de la journée des Tuiles.

  6. Été 1788

    Une violente grêle détruit les cultures, et l'hiver glacial qui suit arrête la mouture de la farine.

  7. Août 1788

    Brienne démissionne, Necker revient, et les États généraux sont fixés à mai 1789.

  8. Hiver 1788–1789

    À Paris, un pain de quatre livres passe d'environ 8 sous à environ 14 sous.

  9. 5 mai 1789

    Les États généraux s'ouvrent à Versailles, et la querelle sur le mode de vote commence.

  10. 17 juin 1789

    Le Tiers état se proclame Assemblée nationale.

  11. 20 juin 1789

    Le roi ordonne la fermeture de la salle des séances, et les députés prêtent le serment du Jeu de paume.

  12. 14 juillet 1789

    Après le renvoi de Necker, la foule parisienne prend la Bastille.

En cinq minutes

Les causes de la Révolution française ne tiennent pas à un seul événement. Un gouvernement lourdement endetté, un système fiscal qui ménageait les privilégiés, de mauvaises récoltes qui faisaient grimper le prix du pain, des idées des Lumières qui remettaient en cause l'ordre ancien et un blocage politique autour de la réforme se sont conjugués. En 1789, le roi a dû convoquer les États généraux, et cette réunion a marqué le début de la Révolution.

Les historiens classent souvent les causes en catégories politiques, économiques, sociales et intellectuelles, mais ces catégories se recoupent. Une crise financière rendait la réforme urgente. La réforme menaçait les privilèges, si bien que les privilégiés s'y opposaient. Cette résistance bloquait le redressement des finances, ce qui aggravait la crise. Les populations affamées supportaient encore moins les impôts et les privilèges. Suivre cette chaîne est la meilleure façon de comprendre 1789.

Cet article fait partie de notre guide sur la Révolution française, qui couvre toute la période.

Les cinq causes de la Révolution française

La plupart des historiens évoquent cinq causes. Chacune éclaire une part du tableau, et aucune n'explique à elle seule la Révolution.

1. Dettes de guerre et déficits

La France a mené de nombreuses guerres au cours du XVIIIe siècle et en a financé l'essentiel par l'emprunt. Son soutien aux colonies américaines dans leur guerre d'indépendance, à laquelle la France prit part en 1778, a ajouté une facture considérable. Dans les années 1780, la Couronne dépensait chaque année plus qu'elle ne percevait et comblait l'écart par des emprunts. Le paiement des intérêts absorbait une part croissante du budget. Les prêteurs devenaient prudents, si bien qu'emprunter devenait plus difficile, et le gouvernement tombait dans le piège de réemprunter simplement pour rembourser les anciennes dettes.

Un nouvel impôt semblait la réponse évidente, et cela soulevait une question que tout le monde voyait : qui paierait ?

2. Impôts injustes et privilèges

Avant 1789, la société française était divisée en trois ordres. Le clergé (le Premier ordre) et la noblesse (le Second ordre) ne représentaient ensemble qu'environ 2 % de la population. Le Tiers état, soit les 98 % restants, comprenait paysans, ouvriers urbains, marchands et avocats. Le clergé était exempté de la plupart des impôts directs, et de nombreux nobles payaient beaucoup moins que les roturiers. La charge la plus lourde pesait sur le Tiers état, et les paysans, qui formaient la majorité du pays, ne possédaient qu'environ un tiers des terres.

Cela rendait la réforme difficile. Un projet qui demandait aux privilégiés de payer leur part remettait en cause la logique même de l'ordre ancien, et les privilégiés le combattaient. Le Tiers état payait l'essentiel de l'impôt et avait le moins voix au chapitre sur la manière dont il était levé.

3. Mauvaises récoltes et hausse du prix du pain

Le pain était l'aliment de base de la plupart des Français, et son prix conditionnait la vie quotidienne. Les difficultés économiques du milieu des années 1780 ont privé de nombreux ouvriers d'un emploi stable, et les salaires ne suivaient pas les prix. Un traité commercial de 1786 avec la Grande-Bretagne a également nui aux fabricants français. Puis les récoltes ont échoué. Une violente grêle à l'été 1788 a endommagé les cultures, et un hiver glacial a gelé les rivières et arrêté les moulins qui broyaient la farine. À Paris, un pain de quatre livres est passé d'environ 8 sous (une petite pièce de l'époque) à environ 14 sous au début de 1789. Pour une famille déjà à court d'argent, c'était une crise.

La hausse des prix nourrissait la méfiance. Beaucoup croyaient que marchands et propriétaires accaparaient le grain pour faire monter les prix. Qu'elle soit fondée ou non, la colère se tournait vers le gouvernement et les privilégiés. Au printemps et à l'été 1789, la peur de la faim s'était largement répandue, ce qui rendait la crise politique pressante aux yeux des gens ordinaires.

4. Les idées des Lumières

Des auteurs comme Voltaire, Montesquieu et Rousseau critiquaient la monarchie absolue, les privilèges religieux et les rangs hérités. Leurs livres étaient lus par les personnes instruites de Paris et des villes de province. Le Contrat social (1762) de Rousseau soutenait que l'autorité politique repose sur l'accord du peuple.

Ces penseurs diffusaient des idées de droits, d'égalité devant la loi et d'un pouvoir tenu de rendre compte au peuple. Pour les réformateurs, elles devinrent un vocabulaire commun.

Les historiens débattent encore de la part que ces idées ont eue dans la Révolution. La plupart s'accordent à dire qu'elles ont changé la façon dont on jugeait l'ancien système. Elles n'ont pas provoqué la crise à elles seules, mais elles ont donné à la colère de 1788 et 1789 un langage et un ensemble de revendications, comme une constitution écrite.

5. Un blocage politique

La dernière cause tenait au système politique lui-même. Les nouveaux impôts exigeaient l'accord de la noblesse et des parlements, ces hautes cours qui devaient enregistrer les édits royaux avant leur entrée en vigueur. Un parlement qui refusait d'enregistrer un impôt bloquait la réforme, et chaque ministre des Finances qui voulait changer la fiscalité se heurtait à ce mur.

Charles Alexandre de Calonne tenta d'obtenir l'appui à la réforme fiscale par une Assemblée des notables, réunion de nobles, de membres du clergé et de magistrats, en février 1787. Elle ne lui donna pas l'approbation espérée, et il fut renvoyé en avril. Son successeur, Étienne Charles de Loménie de Brienne, se heurta à la même résistance. Les parlements refusèrent d'enregistrer de nouveaux impôts et exigèrent la convocation des États généraux, une assemblée qui ne s'était pas réunie depuis 1614. Le 7 juin 1788, l'action du gouvernement contre la haute cour de Grenoble provoqua la journée des Tuiles, lorsque la foule affronta les troupes royales. Brienne démissionna en août. Jacques Necker revint aux Finances, et les États généraux furent fixés à mai 1789.

Comment les causes se sont rejointes en 1789

Lorsque les États généraux s'ouvrirent à Versailles le 5 mai 1789, la première bataille porta sur le mode de vote. La coutume voulait un vote par ordre, une voix par ordre. Le Tiers état comptait 600 députés, plus que les deux autres ordres réunis, mais avec ce système, le clergé et la noblesse pouvaient l'emporter deux voix contre une. Nombre de députés du Tiers état étaient des avocats et d'autres professionnels issus des villes.

Pendant environ un mois, le Tiers état réclama un vote par tête, en vain. Le 17 juin, il se déclara Assemblée nationale. L'idée avait été diffusée par l'abbé Sieyès, dont le pamphlet Qu'est-ce que le tiers état ? affirmait que les roturiers étaient la nation. Le 20 juin, le roi ordonna la fermeture de la salle des séances. Les députés se réunirent dans un jeu de paume voisin et jurèrent de ne pas se séparer avant que la France ait une constitution. C'est ce que l'on appelle le serment du Jeu de paume. Le 11 juillet, Louis XVI renvoya Necker, perçu comme favorable au Tiers état. Le 14 juillet, une foule parisienne prit la Bastille, forteresse et prison royales. Ce jour-là devint plus tard la fête nationale de la France.

À ce moment-là, les causes s'étaient fondues. La dette avait acculé le roi. Les privilèges rendaient la réforme presque impossible. Les mauvaises récoltes avaient plongé le peuple dans le désespoir. Les idées donnaient à sa colère un langage, et le blocage politique a forcé l'ouverture des États généraux. En septembre 1792, la monarchie avait été abolie.

Idées reçues

Trois idées égarent souvent les étudiants. La première est que la Révolution fut soudaine. La crise s'est construite pendant des années, des guerres des années 1770 et 1780 aux réformes échouées de 1787 et 1788. La deuxième est que seuls les pauvres voulaient le changement. Avocats, marchands et autres membres de la classe moyenne figuraient en nombre parmi les députés du Tiers état, et ils voulaient un impôt équitable et une véritable part dans le gouvernement. La troisième est que les idées seules ont causé la Révolution. Les idées ont le plus pesé lorsque l'argent, le pain et la politique étaient déjà en crise.

Ce que demandent les examens

Les sujets d'examen demandent souvent d'expliquer des causes, de les hiérarchiser ou de montrer comment l'une a conduit à l'autre. Une bonne réponse fait trois choses. Elle nomme une cause et donne un fait précis, comme l'Assemblée des notables de 1787. Elle explique le lien avec la cause suivante, par exemple comment la réforme échouée a conduit aux États généraux. Et elle juge la cause, en distinguant les structures de long terme du déclencheur immédiat. Une thèse claire pourrait affirmer que la crise financière fut la cause immédiate, tandis que les privilèges et le système politique expliquent pourquoi elle ne pouvait pas être résolue en douceur.

À lire ensuite

Pour voir les événements dans l'ordre, lisez Chronologie de la Révolution française, 1789–1799. Pour le roi au cœur de la crise, lisez Qui était Louis XVI ?. Pour voir comment la période a été mise en scène, lisez A Tale of Two Cities : l'histoire derrière le roman de Dickens, puis le roman lui-même : Le Conte de deux cités, qui se déroule à Londres et à Paris pendant la Révolution.

Questions fréquentes

Quelles sont les principales causes de la Révolution française ?

Les historiens en retiennent généralement cinq : la dette liée aux guerres et aux déficits, les impôts injustes et les privilèges, les mauvaises récoltes et la hausse du prix du pain, les idées des Lumières, et le blocage politique autour des réformes. Ces causes se nourrissaient les unes les autres. La crise financière imposait la réforme, la réforme menaçait les privilèges, et le blocage ne laissait au roi que peu de choix, si ce n'est convoquer les États généraux.

Quelle fut la cause immédiate de la Révolution ?

La plupart des historiens désignent la crise financière et l'échec de la réforme fiscale en 1787 et 1788. Cet échec conduisit le roi à convoquer les États généraux pour mai 1789. Lorsque le Tiers état se proclama Assemblée nationale en juin, une crise politique se transforma en révolution.

Pourquoi le prix du pain comptait-il autant ?

Le pain était l'aliment de base de la plupart des Français, et les foyers modestes y consacraient une grande part de leurs revenus. La grêle et l'hiver glacial de 1788 firent fortement grimper les prix. La peur de la faim se transforma facilement en colère contre le gouvernement et contre quiconque était soupçonné d'accaparer le grain.

Les Lumières ont-elles causé la Révolution française ?

Pas à elles seules. Des auteurs comme Voltaire, Montesquieu et Rousseau critiquaient la monarchie absolue et les privilèges, et leurs idées donnèrent aux réformateurs un vocabulaire des droits et de l'égalité. La plupart des historiens y voient une cause parmi d'autres. Elles ont changé la façon de juger l'ancien système plutôt que de provoquer directement les événements.

Qui étaient les trois ordres ?

Avant 1789, la société française était divisée entre le clergé (Premier ordre), la noblesse (Second ordre) et le Tiers état. Les deux premiers représentaient environ 2 % de la population, et le Tiers état formait le reste. Il comprenait paysans, ouvriers urbains, marchands et avocats, et il payait l'essentiel des impôts.

Vérifiez votre compréhension

Répondez à chaque question, puis touchez pour voir la réponse.

  1. Lequel de ces éléments était une cause financière de la Révolution française ?

    1. La prise de la Bastille
    2. La dette issue de guerres antérieures, dont la guerre d'Amérique
    3. Le serment du Jeu de paume
    4. La journée des Tuiles
    Voir la réponse

    La dette issue de guerres antérieures, dont la guerre d'Amérique — La dette de la France s'est accrue au fil de décennies de guerres, et son rôle dans la guerre d'Amérique l'a fortement alourdie.

  2. Qu'était l'Assemblée des notables ?

    1. Un conseil de députés du Tiers état formé en 1789
    2. Une réunion de notables convoquée en 1787 pour approuver la réforme fiscale
    3. Une unité de la garde royale à Paris
    4. Un tribunal de Grenoble qui jugeait les émeutiers
    Voir la réponse

    Une réunion de notables convoquée en 1787 pour approuver la réforme fiscale — Calonne la convoqua en février 1787 dans l'espoir d'un appui à la réforme fiscale, mais elle ne lui donna pas l'approbation dont il avait besoin.

  3. Quand les États généraux s'étaient-ils réunis pour la dernière fois avant 1789 ?

    1. 1614
    2. 1715
    3. 1756
    4. 1774
    Voir la réponse

    1614 — Ils ne s'étaient pas réunis depuis 1614, donc leur convocation en 1789 était une étape majeure.

  4. Quel groupe représentait environ 98 % de la population française ?

    1. Le clergé
    2. La noblesse
    3. Le Tiers état
    4. La cour royale
    Voir la réponse

    Le Tiers état — Le Tiers état regroupait toutes les personnes hors du clergé et de la noblesse, et il supportait l'essentiel du poids de l'impôt.

  5. Que fit le Tiers état le 17 juin 1789 ?

    1. Prit la Bastille
    2. Se proclama Assemblée nationale
    3. Renvoya Jacques Necker
    4. Ferma les États généraux
    Voir la réponse

    Se proclama Assemblée nationale — Estimant représenter la nation, le Tiers état se renomma Assemblée nationale.

Plus sur : La Révolution française

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À propos de l'auteur

Alex Ng
Alex Ng

Software Engineer & Writer

Software engineer with a passion for distilling complex ideas into actionable insights. Writes about finance, investment, entrepreneurship, and technology.

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